LES TEXTES DE LA LITURGIE
MUSIQUE, ce jour là offerte par MANA INAGAKI, violoncelle et HYUN-WHA CHO , piano
LA SALUTATION [PASTEUR]
Bienvenus dans cette célébration commune où chacun apporte le don de sa présence et de ses espoirs
Des pensées, des sentiments et des prières s’élèvent vers Dieu. Des louanges aussi. Merci au Dieu d’amour d’avoir commencé à révéler la lumière à son Peuple
[DEBOUT]
LA LOUANGE [PASTEUR] Psaume 118. 17-29 (extraits)
17 Je ne mourrai pas, je vivrai et je raconterai les œuvres du Seigneur
18 Le Seigneur (...) ne m'a pas livré à la mort.
19 Ouvrez-moi les portes de la justice :
par elles j'entrerai, je célébrerai le Seigneur
(...)
21 Je te célébrerai, parce que tu m'as répondu, parce que tu as été pour moi le salut.
22 La pierre que les bâtisseurs ont rejetée est devenue la principale, celle de l'angle.
23C'est du Seigneur que cela est venu : c'est une chose étonnante à nos yeux.
24 Voici le jour que le Seigneur a fait : qu'il soit notre allégresse et notre joie !
(...)
27 Le Seigneur est Dieu, il nous éclaire. Attachez des branchages au cortège de fête,
jusqu'aux cornes de l'autel ! 28 Tu es mon Dieu, et je te célébrerai ;
mon Dieu, je t'exalterai. 29 Célébrez le Seigneur, car il est bon,
car sa fidélité est pour toujours !
41-01, p. 560, les 3 strophes
LA PRIÈRE DE CONVERSION [PASTEUR] [ENSEMBLE]
Notre créateur, si nous avons fait naître la douleur, si par notre faute
quelqu’un a pu tomber, et si nous avons refusé d’aller à toi,
pardonne-nous. Si nous avons parlé en vain, sans vérité, si nous avons laissé sans
aide le malheureux, si nous n’avons pas accueilli l’étranger, pardonne-
nous.
Si nous avons voulu vivre dans l’indifférence, fuir le combat, nous épargner tout effort, alors que tu nous voulais au fort de la lutte,
pardonne-nous.
Nous le reconnaissons devant toi Fais-nous marcher sur ton chemin!
33-35, p.435, strophe 1
L'ANNONCE DU PARDON [PASTEUR]
Que tous ceux qui se tournent vers Dieu avec confiance reçoivent de lui la certitude de son amour.
Voici ce que dit le prophète Ésaie qui est le texte sur lequel porte la première prédication de Jésus à Nazareth
« L’Esprit m’a envoyé pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres;
pour proclamer aux captifs la libération et aux aveugles le retour à la vue.
Et voici la prédication de Jésus :
Aujourd'hui cette parole quand vous l'entendez, est accomplie. »
(silence)
Qu’ainsi : tous ceux qui se sentent pauvres dans leur cœur
se réjouissent de la Bonne nouvelle de l’amour de Dieu manifesté en Jésus- Christ,
que tous ceux qui se reconnaissent aveugles reçoivent l’assurance que Dieu vient ouvrir leurs yeux, que tous ceux qui se sentent captifs
sentent leurs chaînes tomber par la force de la Parole de Dieu.
Car aujourd'hui, cette parole est accomplie pour tout ceux qui l'entendent
[DEBOUT] 33-35, p.435, strophe 2
UNE EXPRESSION DE LA VOLONTÉ DE D. [LECTEUR]
Actes 2. 42-47
42 Ils étaient assidus à l'enseignement des apôtres, à la communion fraternelle, au partage du pain et aux prières. 43 La crainte s'emparait de chacun, et beaucoup de prodiges et de signes se produisaient par l'entremise des apôtres. 44Tous les croyants étaient ensemble et avaient tout en commun. 45Ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun. 46 Chaque jour, ils étaient assidus au temple, d'un commun accord, ils rompaient le pain dans les maisons et ils prenaient leur nourriture avec allégresse et simplicité de cœur ; 47 ils louaient Dieu et avaient la faveur de tout le peuple. Et le Seigneur ajoutait chaque jour à la communauté ceux qu'il sauvait.
33-35, p.435, strophe 3
[ASSIS]
LA PRIÈRE D'ILLUMINATION [LECTEUR]
Seigneur, tu es celui qui, en Jésus-Christ, a voulu être l’un d’entre nous, tu es celui qui incline son oreille vers nous et qui écoute intensément les voix qui montent de la terre. Tu es celui qui demande à être écouté car, inlassablement, tu parles aux hommes et aux femmes, par les moyens les plus divers et souvent les plus discrets. Ouvrons nos oreilles et nos cœurs à la parole du Seigneur. AMEN
LA LECTURE [LECTEUR]
LUC 15
1 Tous les collecteurs des taxes et les pécheurs s'approchaient de lui pour l'entendre. 2 Les pharisiens et les scribes maugréaient : Il accueille des pécheurs et il mange avec eux ! [...]
11 Il dit encore : Un homme avait deux fils. 12 Le plus jeune dit à son père : « Père, donne-moi la part de fortune qui doit me revenir. » Le père partagea son bien entre eux. 13 Peu de jours après, le plus jeune fils convertit en argent tout ce qu'il avait et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en vivant dans la débauche. 14 Lorsqu'il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à manquer de tout. 15 Il se mit au service d'un des citoyens de ce pays, qui l'envoya dans ses champs pour y faire paître les cochons. 16I l aurait bien désiré se rassasier des caroubes que mangeaient les cochons, mais personne ne lui en donnait. 17Rentré en lui-même, il se dit : « Combien d'employés, chez mon père, ont du pain de reste, alors que moi, ici, je meurs de faim ? 18Je vais partir, j'irai chez mon père et je lui dirai : “Père, j'ai péché contre le ciel et envers toi ; 19je ne suis plus digne d'être appelé ton fils ; traite-moi comme l'un de tes employés.” » 20Il partit pour rentrer chez son père.
Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému ; il courut se jeter à son cou et l'embrassa. 21Le fils lui dit : « Père, j'ai péché contre le ciel et envers toi, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils. » 22Mais le père dit à ses esclaves : « Apportez vite la plus belle robe et mettez-la-lui ; mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. 23Amenez le veau engraissé et abattez-le. Mangeons, faisons la fête, 24car mon fils que voici était mort, et il a repris vie ; il était perdu, et il a été retrouvé ! » Et ils commencèrent à faire la fête.
25 Or le fils aîné était aux champs. Lorsqu'il revint et s'approcha de la maison, il entendit de la musique et des danses. 26 Il appela un des serviteurs pour lui demander ce qui se passait. 27Ce dernier lui dit : « Ton frère est de retour, et parce qu'il lui a été rendu en bonne santé, ton père a abattu le veau engraissé. » 28Mais il se mit en colère ; il ne voulait pas entrer. Son père sortit le supplier. 29Alors il répondit à son père : « Il y a tant d'années que je travaille pour toi comme un esclave, jamais je n'ai désobéi à tes commandements, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour que je fasse la fête avec mes amis ! 30 Mais quand ton fils que voici est arrivé, lui qui a dévoré ton bien avec des prostituées, pour lui tu as abattu le veau engraissé ! » 31Le père lui dit : « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi ; 32mais il fallait bien faire la fête et se réjouir, car ton frère que voici était mort, et il a repris vie ; il était perdu, et il a été retrouvé ! »
MUSIQUE (+ COURTE]
LA PRÉDICATION (VOIR PLUS BAS)
MUSIQUE
[ DEBOUT]
LA CONFESSION DE FOI [PASTEUR]
Nous croyons en Dieu,
Créateur du ciel et de la terre, le seul Dieu. Il est justice, miséricorde, paix et amour.
Nous croyons en Jésus-Christ,
fils de Dieu,e seul sauveur.
Il est venu vivre, annoncer et guérir,
Aujourd’hui et pour toujours, il est présent parmi nous.
Sa parole dévoile la vérité et cette vérité nous rend notre liberté
Nous croyons en l’Esprit-Saint, le souffle sacré
qui se mêle à notre souffle et nous donne la foi et de l’espérance.
Ps 43, p.64, les 3 strophes
[ASSIS]
LES ANNONCES
- Fureur et Mystère (intervention de Pierre-Louis Baron, artiste) avec Edith Valléé
inclus les concerts pendant l'exposition: 11 avril: intervention de Sébastien Fournier, 12 avril (vernissage, avec Hyun-Hwa CHO)
- Annonce de l'émission « qu'est ce qui se passe » du 5 avril sur Fréquence Protestante, de 16H15 à 17H, frequenceprotestante.com
- ré annonce simple du départ du pasteur : invitation au pot
- le concert des musicales
- annonces diverses
[APPRENTISSAGE] 33-32 (4 voix), p.433, strophes 1, 3, 4
L'OFFRANDE MUSIQUE adaptée à la durée de la collecte.
LA PRIÈRE D'INTERCESSION [ LECTEUR]
Je n’oublie aucun des bienfaits de Dieu. Je lui suis reconnaissant de m’avoir donné de la vie. J’espère qu’il me conduit dans cette vie. Je le remercie pour les frères et les sœurs que je suis appelé à découvrir comme tels dans le chemin de mon existence.
Seigneur, nous te présentons notre monde qui a bien besoin de ressusciter, d’être remis debout. Apprends-nous à considérer tout humain comme frère ou sœur, apprends-nous à renoncer un peu à nous-mêmes pour partager avec d’autres la liberté que tu nous apportes. Permets-nous d’être auprès des autres, des témoins de la bonne nouvelle et de l’espérance qui en jaillit. Invite-nous encore à changer ce monde que tu nous confies en combattant l'idiotie, l’idolâtrie, le suivisme, et l'irrespect de ta création et de tes créatures
Nous te remettons silencieusement ceux et celles que tu confies à notre amitié
LA PRIÈRE D'INTERCESSION SUITE ET [ENSEMBLE] [LECTEUR]
Ta Parole nous a redit ton amour pour
ce monde.
Nous te demandons le bonheur et
l’honneur.
Nous te demandons le bonheur sans
lequel la bénédiction reste une
formule creuse. Nous te le
demandons pour celles et ceux qui
ont vécu ou qui vivent l’échec,
l’angoisse, la peur des autres et la
fragilité d’eux-mêmes. Nous te
demandons le bonheur d’écouter et de
donner.
Tu nous as rendu l’honneur;
apprends-nous à nous honorer les
uns les autres et à honorer chacun
sur notre route: les enfants et les
adolescents, les humbles et les vieux,
les étrangers qui sont dans nos murs.
Fais-nous deviner l’honneur dont
notre prochain et notre lointain ont
besoin.
Au nom de Jésus-Christ, mort et
ressuscité pour le bonheur et pour
l’honneur de tous.
(…)
NOTRE PÈRE
[DEBOUT]
LA BÉNÉDICTION [PASTEUR]
Que tous vos jours brillent de mille feux
Et vos nuits bénies par la paix
Où que vous vous couchiez pour dormir
Et tout est fait pour le mieux
Pour ceux qui croient
Puisse la graine vous faire pousser
En un arbre fort et fructueux
Au fil des jours
Retenez votre souffle pour voir
La vie est un mystère
Et la joie, elle est sévère
Lorsque le chemin est difficile et escarpé
Mais l'amour rendra vos journées complètes
Et que le travail de vos mains aide ceux qui sont dans le besoin
Aidez les solitaires, servez les faibles
Et pardonnez aux ennemis
Et si vous trouvez le véritable amour, mariez-vous un jour
Portez un enfant de votre semence
Aidez-le à devenir un arbre
Au fil des jours
Retenez votre souffle pour voir
La vie est un mystère
Et la joie, elle est sévère
Lorsque le chemin est difficile et escarpé
L'amour achèvera vos jours
[ASSIS]
MUSIQUE
LE TEXTE DE LA PRÉDICATION
LA LECTURE LUC 15
1 Tous les collecteurs des taxes et les pécheurs s'approchaient de lui pour l'entendre. 2 Les pharisiens et les scribes maugréaient : Il accueille des pécheurs et il mange avec eux ! [...]
11 Il dit encore : Un homme avait deux fils. 12 Le plus jeune dit à son père : « Père, donne-moi la part de fortune qui doit me revenir. » Le père partagea son bien entre eux. 13 Peu de jours après, le plus jeune fils convertit en argent tout ce qu'il avait et partit pour un pays lointain où il dilapida sa fortune en vivant dans la débauche. 14 Lorsqu'il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à manquer de tout. 15 Il se mit au service d'un des citoyens de ce pays, qui l'envoya dans ses champs pour y faire paître les cochons. 16I l aurait bien désiré se rassasier des caroubes que mangeaient les cochons, mais personne ne lui en donnait. 17Rentré en lui-même, il se dit : « Combien d'employés, chez mon père, ont du pain de reste, alors que moi, ici, je meurs de faim ? 18Je vais partir, j'irai chez mon père et je lui dirai : “Père, j'ai péché contre le ciel et envers toi ; 19je ne suis plus digne d'être appelé ton fils ; traite-moi comme l'un de tes employés.” » 20Il partit pour rentrer chez son père.
Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému ; il courut se jeter à son cou et l'embrassa. 21Le fils lui dit : « Père, j'ai péché contre le ciel et envers toi, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils. » 22Mais le père dit à ses esclaves : « Apportez vite la plus belle robe et mettez-la-lui ; mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds. 23Amenez le veau engraissé et abattez-le. Mangeons, faisons la fête, 24car mon fils que voici était mort, et il a repris vie ; il était perdu, et il a été retrouvé ! » Et ils commencèrent à faire la fête.
25 Or le fils aîné était aux champs. Lorsqu'il revint et s'approcha de la maison, il entendit de la musique et des danses. 26 Il appela un des serviteurs pour lui demander ce qui se passait. 27Ce dernier lui dit : « Ton frère est de retour, et parce qu'il lui a été rendu en bonne santé, ton père a abattu le veau engraissé. » 28Mais il se mit en colère ; il ne voulait pas entrer. Son père sortit le supplier. 29Alors il répondit à son père : « Il y a tant d'années que je travaille pour toi comme un esclave, jamais je n'ai désobéi à tes commandements, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour que je fasse la fête avec mes amis ! 30 Mais quand ton fils que voici est arrivé, lui qui a dévoré ton bien avec des prostituées, pour lui tu as abattu le veau engraissé ! » 31Le père lui dit : « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi ; 32mais il fallait bien faire la fête et se réjouir, car ton frère que voici était mort, et il a repris vie ; il était perdu, et il a été retrouvé ! »
MUSIQUE (+ COURTE]
LA PRÉDICATION par Robert Philipoussi
Jésus parlait essentiellement en Paraboles. Dans les évangiles, on le dit : « Il ne leur disait rien sans employer de paraboles ». Cette affirmation, je ne sais pas si vous l'avez noté, pourrait aller interroger tous les autres passages où Jésus parle et où nous n'entendons aucune parabole. Par exemple, dans le fameux sermon qui n'est sur une montagne que dans l'évangile de Matthieu: il ne s’y trouve aucune parabole au sens strict, tout au plus des maximes, où des métaphores. Mais peut-être que certains pourraient imaginer que cette affirmation « Celui qui entend mes paroles et les met en pratique ressemble à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc… » serait une mini parabole, et ainsi conserveraient la véracité du « il ne leur disait rien sans paraboles ». Mais chut, il y a plein d'autres moments où Jésus de fait n'emploie pas de paraboles, au sens strict.
Je sais que vous avez une heure en moins, et peut-être je ne devrais pas vous ennuyer avec des remarques un peu spécifiques de bon matin.
En tous les cas, ce qui est certain, est que Jésus était un homme des paraboles et que l'usage qu'il faisait de la forme de récit des paraboles est reconnu comme très particulier . C'est cette singularité qui poussent à les considérer comme Ipsissima verba de Jésus, c'est-à-dire des paroles réellement sorties de sa bouche.
Il y a une quarantaine de paraboles différentes dans l'évangile. Très peu ont une explication. Et quand Jésus explique, c'est aux disciples, pas à la foule. Et les exégètes disent aussi que ces explications-là sont ajoutées dans les évangiles par les écrivains d'un deuxième temps rédactionnel, où l'on commençait à chercher de la doctrine pour encadrer tout ce foisonnement.
En tout état de cause, la foule recevait des paraboles brutes, sans explication.
Il y a certes des paraboles dans l'ancien testament, mais elles sont orientées, par exemple la parabole de l'unique brebis du pauvre que le riche vient voler, dans le premier livre de Samuel, c'est une parabole en forme de leçon pour David. Au début de notre ère, les rabbins du Talmud emploient des paraboles, mais ils le feront de façon orientée, pour valoriser un argument d'interprétation de la Torah.
Le monde antique bien sûr employait des petites histoires, mais Jésus le faisait d'une façon particulière. Avec ses paraboles, qu'elles soient des paraboles dite d'évidence – la graine de moutarde est petite mais elle donne un arbre de 3 mètres, ou des paraboles « événementielles » comme celle du jour, Jésus voulait semer un évangile potentiel, un évangile qui entrerait par les oreilles de ceux et celles qui sauraient l'entendre et qui pourrait aller jusqu'à leurs cœurs, qu'ils aient des oreilles pour entendre et donc acheminer le flux de la bonne nouvelle jusqu'au cœur, ce qui n'est pas gagné car comme l'a rappelé le prophète Jérémie ‘Le cœur est tortueux par-dessus tout et il est incurable’ (Jér.17 :9), mais il est aussi dit par le prophète Ezéchiel : 26 J e vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau; j'ôterai de votre corps le coeur de pierre, et je vous donnerai un coeur de chair.
Aucune parabole dans l'évangile n'utilise le mot Dieu, ou Christ, ou n'importe quelle mot religieux. Aucune. Après bien entendu , tout le monde peut s'imaginer qui joue éventuellement le rôle du « divin » dans une parabole- par exemple quand on y trouve une figure paternelle, comme dans la parabole d'aujourd'hui - mais il est facilement compréhensible que Dieu, ou ses anges, et même ses prophètes voire ses prêtres n'y figurent pas- quelques pharisiens, tout au plus, mais ils ne font partie du personnel « sacré » , quelque héros biblique comme Abraham, mais plus en forme de symboles que de personnages.. pas de « sacré » à l'intérieur des petites histoires, mais du quotidien. Pourquoi ? Parce que c'est ce même sacré, c'est ce règne de Dieu que Jésus va oser mettre en regard de ses petites histoires. Son intention, c'est bien de faire sourdre le sacré au travers de la plus banale des matières, des plus convenues des anecdotes, mais surtout de le faire sourdre une interrogation supplémentaire de l'entendement des auditeurs de ses paraboles.
Et aujourd'hui, c'est une histoire classique d'héritage et je pense que la plupart d'entre nous non seulement connaissent cette parabole mais que beaucoup d'entre nous – pas moi, puisque j'ai eu la bénédiction de n'avoir pas ni frère ni sœur – que certains d'entre vous ont vécu les drames de la jalousie et du désir mimétique à l'occasion d'un héritage, par exemple. Peut-être avez-vous donc déjà la clé de cette histoire, peut-être qu'elle correspond à un élément de votre intime biographie. Une histoire de jalousie entre deux frères. Mais ceux qui connaissent cette parabole, ou qu'ils aient déjà verrouillés son sens par leurs références personnelles, ont peut être envie de la redécouvrir, et ceux qui ne la connaissent pas ont peut être envie d'être invités à la découvrir.
C'est Luc qui transmet cette parabole, et il est le seul des 4 auteurs d'évangiles à le faire. Ce rappel est important, parce que d'une part nous n'avons aucun élément de comparaison, et que d'autre part nous avons appris que Luc était un écrivain particulier, amateur de messages subliminaux, expert en construction littéraire.
Donc pas certain, en fait que Jésus ait raconté cette parabole à la manière dont Luc la raconte ou la transcrit.
Il a été dit par Jésus et écrit par Luc qu'un homme a deux fils. Le fils le plus jeune est le héros de la première grande partie de l'histoire. Nous notons sa ferme conviction de tout plaquer, de partir. Sa prodigalité a donné un des sous-titre d'éditeurs de Bible à cette histoire...l'enfant prodigue, et puis bien sûr nous participons à ses regrets – mais c'était écrit d'avance, que nous entendions ses ruminations intérieures puisque nous y sommes obligés- est-ce que nous avions envie d'entendre ce qu'il pense, aimons nous partager son inclination à la débauche, son intimité de rêveur de caroubes? Pas certain. Mais nous sommes là, obligés d'entendre les pensées d'un personnage de parabole. Mais puisque nous sommes là, nous pouvons aussi observer sa tactique, je dirai manipulatoire, pour aller reconquérir l'hospitalité et la sécurité de son père.
Ensuite voici le tour de fils aîné – que tout le monde se représente. Il est la personne sérieuse de cette histoire. Il est celui qui, depuis plus de 2000 ans, a « raison ».
Et au milieu nous avons ce père et son émotion particulière – on lit qu'il est ému, on devrait traduire plus vigoureusement le grec par « il est pris aux entrailles » – nous le voyons donc se précipiter sur son fils le plus jeune avant même que sa tactique élaborée de repentance puisse agir, comme si finalement, cette repentance avait été inutile.
Je vous invite donc à bien repérer dans le texte que vous avez sous les yeux, cet artifice littéraire, à partir de ce moment au verset 18 quand le fils le plus jeune fomente son plan :
18Je vais partir, j'irai chez mon père et je lui dirai : “Père, j'ai péché contre le ciel et envers toi ; 19je ne suis plus digne d'être appelé ton fils ; traite-moi comme l'un de tes employés.” et aller ensuite au verset 21 quand « Le fils lui dit : « Père, j'ai péché contre le ciel et envers toi, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils »
pour vous apercevoir que le reste de la phrase programmée n'a pas pu être dit car, verset 22 Mais le père dit à ses esclaves : « Apportez vite la plus belle robe et mettez-la-lui
Ce père ne laisse pas finalement son fils retrouvé le supplier, il n'a même pas besoin d'être manipulé. Il l' accueille directement. Il est simplement heureux, profondément ému, comme une mère, puisque son émotion en grec désigne en grec un organe qui a à voir un utérus, de retrouver le fils qui était parti.
Mais s'il ne le laisse pas supplier, en revanche, lui le père va supplier, son fils ainé de « comprendre » la situation au delà de la raison. Son père sortit le supplier.La supplication initialement interrompue du fils cadet vers son père, va se poursuivre quand même du père vers son fils aîné. Encore une fantaisie de l'écrivain.
Le mouvement de pénitence du fils le plus jeune tombe à plat avec ce père qui a couru d'abord pour accueillir, mais lui en revanche, va supplier son fils aîné d'entrer faire la fête.
Donc voilà un fils qui était sorti mais qui maintenant est dedans, apprêté pour la fête, mais la conséquence de ça, c'est que l'autre fils, qui était dedans depuis toujours, se met à refuser vouloir rentrer et de participer aux agapes.
Voilà pour le mouvement narratif. Si on le suit, on voit qu'en somme, il n'y a de la place mentale que pour un seul descendant. C'est triste, mais c'est ainsi. La parabole ne dira pas, si malgré les supplications du père, le fils ainé est finalement rentré. Et donc, d'un point de vue purement narratif, il n'est pas rentré. Et on pourrait aller jusqu'à dire que, si on respecte les contours de cette parabole, il n'est jamais rentré. Ou pire, qu'il ne rentrera peut-être jamais. Le fils cadet est ravalé par la parabole, le fils aîné resterait en dehors pour l'éternité.
On voit aussi que le présumé caractère rebelle s'est téléporté du fils le plus jeune au fils le plus vieux, qui lui se révoltera vraiment.
Avec cette volonté que j'avais de vous aider à relire chez vous cette parabole, je me suis demandé quel était le fils le plus important. Une question étrange, mais je me la suis posée encore une fois, en regardant ce qui est noté, en observant ce qu'en étude biblique , nous appelons « les faits narratifs ». Nous en avons déjà noté, mais il y en d'autres que peu de monde ne remarque en général.
Le père, il a beau se précipiter sur le fils le plus jeune, il a beau faire tuer le veau gras etc, aucune fois, il ne s'adresse jamais directement à lui. Il parle de lui, il parle à ses esclaves, mais à lui, il ne parle pas. Le fils le plus jeune n'a droit à aucune parole de son père qui lui serait directement adressée.
En revanche, le père parle à son fils aîné. D'abord il le supplie, comme nous l'avons vu. Un père qui supplie son fils, c'est assez rare et c'est tout l'art de Jésus , et de Luc, d'introduire des « nouveautés » subliminales dans ses messages, et ensuite, ce père, à la protestation de son fils aîné , il répond par une explication. Ton frère était mort, il est revenu à la vie. Il y a une occasion de se réjouir.
En regardant ce petit fait narratif, je réponds donc à ma question en disant que le fils le plus important du point de vue narratif, c'est le fils ainé. Le fils le plus jeune est très fonctionnel, il part, il dépense, il rumine, il revient, il tente de parler, le père l'envoie vers la fête. En revanche, le fils aîné, il enquête, constate, proteste, revendique, il fait une sorte de grève, il a du caractère. Il mérite qu'une parole lui soit adressée. Il existe
C'est pourquoi je fais l'hypothèse, que puisqu'il a ce poids dans cette histoire, qu'il est le seul des deux fils à qui le père parle, je fais l'hypothèse qu'il est le plus « important » dans le sens où la parabole, c'est par lui qu'elle va nous chercher, par lui qu'elle va peut-être activer un sentiment enfoui de révolte et de protestation. Protester contre quoi ? Qu'avons nous en commun avec ce fils ainé ?
Qui est il notre frère cadet ?
Difficile à dire, mais je ne doute pas que certains ont été si bien éduqués au ressentiment qu'ils trouveraient des exemples à foison. Etre sentimental c'est déjà difficile à vivre, mais « ressentimental », là c'est l'enfer, et cet enfer est tellement commun!
Mais il y a surement une protestation qui est capable de se réveiller en chacun, le sentiment, le ressentiment ancré d'une injustice au fond de nous, frère ou pas frère, qui fait que dans un moment d'interprétation de cette parabole, le frère ainé, c'est bien nous. Nous, ressentant l'injustice, nous qui avons toujours été là, nous qui n'avons jamais été favorisés par quoi ou qui que ce soit. Le fils le plus jeune aurait voulu demander à son père d'être traité comme un employé, – le père ne le laissera pas dire cela, mais le fils ainé lui, dit au père que lui a toujours été traité comme un esclave. Et cette anti symétrie, qu'on ne voit pas au premier regard, est saisissante: employé/ esclave. On sent de la rage littéraire chez Luc, l'auteur de l'évangile qui transcrit cette parabole et qu'il est le seul à transcrire.
Si le fils le plus jeune prend conscience qu'il a faim et en quelque sorte se convertit opportunément pour un happy end étrange, le fils ainé lui prend conscience et c'est là le point culminant de cette histoire « qu'il a toujours été un esclave ». C'est peut-être lui, le veau sacrifié en permanence.
Et que maintenant la situation lui paraît insupportable, là, maintenant, à cause de cette fête, de cette fête injuste, la fête de trop, certes l'autre était mort- pas si mort que ça en fait, mais moi j'ai toujours été vivant, et je vivais comme un mort. « Je ne veux plus être un esclave »
Les paraboles de Jésus sont là pour aller chercher le cœur
Vous ne vous imaginez pas le nombre de plaintes que par exemples des pasteurs ont entendu par des personnes pleine de ressentiments quand par exemple, leur vieux parent dont il s'occupent constamment s'obstinent à préférer l'autre, celui qui n'est jamais là, mais qui est mieux. Et après, quand le parent meurt, il y a un risque de ressentiment éternel.
Cette parabole est aussi adressé aux croyants.
Peut-être aux croyants du premier siècle , qui seraient issus du judaïsme de l'époque, qui voient dans cette parabole cette caricature d'un Christ celui, qui aurait dilapidé l'héritage à sa façon, qui a été accusé de mener une vie dissolue, qui était mort, et qui a été ressuscité , parce qu'il est le favori. Ce Galiléen. Luc jouerait-il de façon très ironique et provocatrice avec cette caricature?
Mais plus généralement, cette parabole s'adresse au croyant amer et plein de ressentiment envers son Dieu auquel il continue de croire, mais de façon dépitée. Peut-être parce qu'il ne sait pas faire autrement. Peut-être a t-il choisi de croire à un Dieu qu'il a configuré pour ne pas vraiment l'aimer, mais pour simplement en faire le réceptacle de son ressentiment.
Elle est où l'émotion de mon Dieu à mon égard, à moi qui est toujours été là.
Pourquoi s’intéresse-t-il toujours aux autres que moi ?
Fallait-il que je me rende compte de ma servitude pour enfin réaliser que je n'arrive pas à participer à cette communion, à cette fête...
Vais-je rentrer ? Que veulent dire ces phrases, il était mort il est revenu à la vie. Et moi, quand est-ce que je ressuscite?
Qui est-il celui ci, ce frère ?
Est ce que celui-ci qui a dilapidé la moitié de l'héritage en menant une mauvaise vie mérite t-il qu'on l'honore à ce point ?
Mais , si j'arrive à ne pas rester dans ma posture de buté, son retour pourrait-il me permettre de me rendre compte de ma servitude ? Est-ce que cet esclavage dont je me plains, je ne le me serais pas aussi imposé à moi-même? Est-ce que c'est bien mon père qui a exigé que je sois son esclave?
Et si ce père de parabole était une allégorie de mon Dieu. Est-ce que j'ai tout bien compris de celui-ci en adoptant la posture de l'esclave alors que j'avais le témoignage de ce Christ qui a été tout, sauf un esclave ? L'humain le plus libre que la terre ait jamais porté?
Est ce cela l'évangile ? La bonne nouvelle ? Me faire me rendre compte que les choses ne sont plus comme avant et que la norme a changé, que même mon père a changé, puisqu'il me supplie, mais en fait, qu'il me parle enfin pour que moi, son fils, j'entre dans la joie de la fête.
Vais je me rendre compte. Vais-je changer ? Où vais- je toujours préférer rester dehors.
C'est avec de telles paraboles que Jésus annonçait l'évangile pour les gens.
« Il ne leur disait rien sans employer de paraboles »
MUSIQUE